Kai-Lan SEMIS D’AUTOMNE EN EUROPE – Satisfaction générale

SEMIS D’AUTOMNE EN EUROPE – Satisfaction générale

27 janvier 2022

Les conditions météo de l’automne dernier ont été favorables aux semis des céréales d’hiver dans la quasi-totalité de l’Europe.

C’est ce que reportent les bulletins de la Commission Européenne – JRC MARS Bulletins – dont le dernier a été publié le 24 janvier (https://ec.europa.eu/jrc/en/science-update/mars-bulletin-january-2022).

Un temps automnal clément a permis aux agriculteurs de mener à bien les opérations de terrain et aux cultures de se développer correctement.

Début novembre 2021, les semis étaient en effet quasiment terminés dans la majorité des pays européens.


Petit tour d’horizon

En France,

Dans la plupart des régions, les agriculteurs semblent très satisfaits. 

Les conditions d’implantation ont été optimales.

Quelques petits bémols cependant…

Dans le sud-ouest, les températures plus chaudes que la moyenne en octobre/novembre ainsi que de fortes pluies ont engendré localement parasitisme, quelques inondations et abandons de surfaces en colza.

D’après certaines sources de la Commission Européenne, les superficies ensemencées en colza en France seraient tout de même de +12.1% par rapport à la campagne précédente.

Le léger retard de développement des blés d’hiver, dû à des semis tardifs et à un temps plus froid que la moyenne en octobre et novembre, aurait partiellement été rattrapé grâce à des températures plus chaudes que la moyenne et une pluviométrie plus importante, sur la période de décembre à mi-janvier.

Dans le nord-est, on nous reporte que les conditions particulièrement humides n’ont pas favorisé le développent des racines en profondeur ce qui pourrait s’avérer dommageable, en fin de cycle, en cas de sécheresse.

Côté commerce, l’activité en blé meunier biologique tourne un peu au ralenti.

Les acheteurs français sont plutôt bien couverts et les demandes sur le rapproché relativement faibles (source La Dépêche – LE PETIT MEUNIER du 20 janvier 2022).

Dans ce contexte, la tendance prix sur cette céréale va a contrario de la tendance générale.

Avec un marché lourd et baissier, les producteurs n’ont pas été incités à semer du blé tendre bio et les prochains volumes seront certainement plus limités.

En Italie,

Les nouvelles sont bonnes aussi.

Les semis se sont déroulés de façon satisfaisante.

Les pluies automnales ont été nettement supérieures à la moyenne quinquennale et le déficit pluviométrique dans le nord du pays sur décembre/janvier n’aurait pas, jusqu’à présent, d’impact négatif sur les cultures.

A noter que les surfaces semées en blé, en particulier en blé dur, seraient à la hausse.

A croire que les agriculteurs ont été motivés par les niveaux de prix élevés à la suite d’une récolte 2021 assez médiocre et d’un manque notable de volumes.

L’écart de prix entre conventionnel et bio est aujourd’hui relativement faible puisque les cours sont respectivement de 540 EUR/T et 560/570 EUR/T départ.

En Espagne,

Après une période de sécheresse, les pluies courant décembre ont été bénéfiques aux cultures d’hiver.

Le manque d’eau a toutefois persisté dans le sud.

A ce stade, le retard semble être globalement rattrapé en dehors peut-être de l’Andalousie.

Espérons que ces bonnes avancées permettront enfin d’inverser la tendance haussière du marché.

En effet, fait remarquable depuis le printemps dernier, les cours des céréales et oléagineux biologiques espagnols ont atteints des niveaux supérieurs aux autres pays européens.

Les cours en conventionnels ont explosé et entrainé dans leurs sillages ceux du Bio.

On a vu ainsi apparaître de nouvelles demandes notamment de la part des huiliers espagnols obligés de payer 730/740 EUR/T départ pour du tournesol biologique national.

Certains opérateurs prédisent un changement de tendance, probablement avant le mois de mai, à l’approche de la nouvelle récolte.

Les prix sont certes encore très élevés mais les silos semblent toujours bien remplis…

Concernant les pays Baltes,

Nos interlocuteurs locaux en Estonie s’attendent pour 2022 à des rendements à peu près similaires à ceux de 2021.

L’an dernier aura été marqué par une longue période de sécheresse, fait assez exceptionnel, et le déficit hydrique sera difficilement comblé.

Les mois de décembre et janvier auront été légèrement plus froids que d’habitude dans l’ensemble de la zone.

Côté mer Noire,

L’Ukraine enregistrerait un retard modéré des cultures, les semis ayant perduré.

La Russie a bénéficié, quant à elle, de meilleures conditions d’implantation et de développement.

Fin décembre, dans toute la région, les températures ont chuté puis sont remontées à des niveaux nettement supérieurs à la moyenne.

La couverture neigeuse jusque-là limitée et les fortes baisses de température pourraient occasionner des dégâts dus au gel, en particulier en Bulgarie, Roumanie, au sud de l’Ukraine et de la Russie.

A retenir que cette dernière a mis en place un quota à l’exportation (hors union douanière) de 8 Millions de tonnes pour le blé du 15/02/22 au 30/06/22.

Mais c’est surtout la crainte d’un embrasement entre la Russie et l’Ukraine qui inquiète le monde entier et fait monter les prix des céréales à l’international.

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